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Le Comptoir de la BD chez SilentMum

Posted on 09 novembre 2011 by Worcruft Apocalysme

Pour ce premier article des RdV de SilentMum, nous ouvrons nos portes à SÉBASTIEN NAECO, blogueur prolifique du Comptoir de la BD...

Il existe des histoires de marionnettes, pas si loin, des histoires avec des comédiens, et d’autres histoires encore où les personnages s’expriment par des textes inscrits dans des bulles.

Pour ces dernières, certains n’y voient qu’un art mineur, d’autres le nomment le neuvième art, mais mon sentiment est que ceux qui en font s’en tamponnent le coquillard de toute cette nomenclature tant qu’ils ont leur bouteille de pinard et un toit pour dormir. Oui bravo, vous l’avez compris, aujourd’hui on va parler BD.

Pour cela, j’ai demandé à un vieil ami d’abandonner quelques instants son comptoir pour venir s’affaler dans mon canapé, histoire de passer un moment ensemble.

SilentMum : Salut Sébastien. C’est avec grand plaisir que je t’accueille sur le divan de notre site tout neuf.

Si je t’invite aujourd’hui ce n’est pas pour se remémorer l’excellentissime journal angliciste dans lequel nous avons tous deux sévis il y a une bonne dizaine d’années, mais pour que tu nous parles du Comptoir de la BD.

Mais nous ne sommes pas seuls : qui es-tu donc?

Sébastien Naeco : Et bien je me prénomme Sébastien, je signe en effet un blog sur la BD sous le nom de plume Sébastien Naeco depuis bientôt trois ans. J’ai à côté un « vrai » métier, je suis consultant senior en relations presse dans une petite agence dans les environs de Paris. Pour remonter dans le temps, outre des études à Aix en Provence où nous nous sommes régulièrement croisés et d’où en plus d’un diplôme j’ai ramené l’amour qui dure (encore), j’ai été journaliste crève la dalle pendant plusieurs années, puis, avec madame, nous sommes allés vivre une année dans le sud de l’Angleterre pour du boulot.

Nous sommes condamnés à Paris depuis plus de cinq ans mais ne désespérons pas de retourner vers nos origines sudistes.

S : Pourrais-tu nous en apprendre plus sur les origines du comptoir ? Tout cela a-t-il commencé dans une cave ? Un cimetière ? Une pyramide peut-être ? A ce sujet, j’espère que tu n’es pas trop incommodé par l’odeur de putréfaction que je dégage… les baumes à base de lichen aromatique qu’on m’a appliqués n’ont plus tout à fait le même effet qu’avant.

SN : Le Comptoir est né de mon envie de réécrire « pour moi » car je suis payé depuis quelques années à écrire « pour les autres ». C’est vraiment la satisfaction d’un manque. Je lis quotidiennement des informations sur la BD, sans doute ma passion la plus dévorante, et j’avais vraiment envie de prendre la parole, non pour l’imposer, mais pour créer du dialogue, pour traiter de sujets suivant mon point de vue, un angle que j’aurai choisi et qui n’est pas forcément celui d’un journaliste… Le blog est l’espace idéal pour moi, je peux exprimer toute ma subjectivité, jouer avec mes connaissances et mes limites et échanger en toute simplicité. Je l’ai appelé le Comptoir pour marquer d’emblée le fait qu’on y vient aussi pour créer du lien social, comme cela devrait être le cas dans un bar et l’est encore pas mal dans les pubs britanniques. Pour l’odeur, c’est surtout quand tu parles que c’est pénible mais je vais faire avec. Un peu de sent-bon ?

S : Je ne dis pas non.

S : Comment travailles-tu ? Es-tu seul aux commandes ou y’a-t-il des esclaves sous le comptoir qui bossent comme des dingues à ton service ?

SN : Na ! Je suis le seul à suer sang et eau pour livrer six fois par semaine en moyenne un billet sur mon blog. Je suis aussi bien sûr le seul à profiter des lauriers quand je reçois un mail admiratif d’une jeune femme dont j’ai bouleversé la vie par ma lecture de Boule et Bill. Une fois par mois j’accueille des chroniqueurs qui rédigent dans la bonne humeur des coups de cœur et nous délivrons ainsi un petit éventail de titres, tantôt comics, tantôt manga, tantôt mainstream ou en BD alternative. Mais j’ai le plein et entier contrôle du contenu du blog. Le Monde.fr qui me fait l’honneur de m’héberger et de me payer pour ça (ahah !) n’intervient JAMAIS dans le contenu des billets.

S : Toi qui es un puits de science en matière de bandes dessinées, un docteur es Grosnez, quelle est ta BD culte ?

SN : Ah, la question tarte à la crème !

S : Nyark Nyark Nyark…

SN : Pour bien y répondre, je dois apporter quelques présupposés : ma BD culte sera celle que je choisirai spontanément comme un modèle que j’invite tout le monde à lire, qui m’enchante encore par delà les années et les modes. Elle peut être une série ou un album isolé. Et à ce petit jeu je dirai qu’il s’agit (roulements de tambour) d’Akira. Et de 20th Century Boys. Et de Spirou & Fantasio. Et de Calvin & Hobbes. Et des Petits Hommes. Et de 421. Et de…

S : Bon, je viens de lire le billet sur les coups de cœur du comptoir mais je te pose quand même la question ici : qu’est-ce que tu nous conseilles en ce moment (je parle toujours BD hein, pas de clubs coquins) ?

SN : Alors tu as de la chance parce que depuis quelques mois les très bons et très beaux albums sont de sortie. Je conseille donc de lire Portugal de Cyril Pedrosa. Ainsi qu’Habibi de Craig Thompson. Toute la série d’Il était une fois en France dont le cinquième tome vient de sortir. Sous l’entonnoir chez Delcourt. Et Les ignorants de Davodeau. Cité 14 aussi. 3 secondes de Marc-Antoine Mathieu vaut le détour…

S : Passons aux questions d’actualités, et tout d’abord la tienne : As-tu des projets ? BD ou autres ?

SN : Il faut toujours avoir des projets ! Personnellement, j’ai plusieurs livres, essais et romans, en tête. Certains entamés, d’autres uniquement à l’état de bulles dans mon cerveau. Je songe aussi à me lancer, en collaboration cette fois, sur un nouveau blog mais chut, faut ménager ses effets ! Professionnellement parlant, j’aspire à prendre de l’envergure dans mes activités mais la situation générale dans mes métiers m’incite à la prudence. Ma priorité c’est avant tout que ma femme et mes enfants soient à l’abri du besoin, en bonne santé et que nous puissions passer le plus de temps ensemble. Si c’est avec des amis ou la famille, c’est bien aussi !

S : Charlie Hebdo brûlé, sans revenir sur qui est à l’origine de cet incendie, quel est ton sentiment sur cet événement ? Et pour élargir la discussion, crois-tu qu’il faille en arriver là pour obtenir un consensus fort (politique, médias, opinion) au sujet de la liberté de la presse ?

SN : Il y a là plusieurs questions distinctes je pense. Brûler les locaux de Charlie Hebdo relève de l’attaque criminelle et les gens qui ont fait ça doivent en répondre devant la justice. Quelles que soient ses humeurs, on ne balance pas des cocktails Molotov sur un bâtiment. Si un journal quel qu’il soit tient des propos diffamatoires ou insultants, il existe un appareil légal pour demander excuses, réparations, application de la loi en somme.

Bien sûr, cet acte entraîne des réactions et des interrogations sur sa signification. La liberté de la presse n’a pas à faire consensus : elle est gravée dans la loi et il faut s’assurer qu’elle est respectée. Il est fondamental que la parole soit libre et que tout citoyen ait, encore plus aujourd’hui qu’hier d’ailleurs, le droit de participer au dialogue dans l’agora publique. Tout est loin d’être parfait, certes – les modes de traitement de l’information et ses points d’attaque m’interrogent depuis longtemps. Dans une certaine mesure, les médias sont le reflet de notre vision du monde et cette vision est partiale, lourde de présupposés, riche de valeurs également et se débat constamment pour trouver le temps de la réflexion et la bonne distance pour appréhender au mieux le monde comme il est et comme il va vraiment. Le fait qu’ils s’inscrivent dans un temps économique ne leur simplifie pas les choses.

Que peut-on tirer de constructif de l’attaque criminelle contre Charlie Hebdo ? Il me semble entendre des voix s’élever pour dire que défendre Charlie Hebdo au nom de la liberté de la presse, oui, mais défendre Charlie Hebdo tout court, pas systématiquement. Ici je suis partagé.

S : Pour égayer la conversation : la crise européenne. Comment survit (ou pas) le petit monde de l’édition BD ?

SN : Les industries culturelles et de loisirs sont forcément impactées quand le pouvoir d’achat baisse, sans parler qu’il y a une concurrence très féroce dans les linéaires et dans les univers numériques. Le marché de la BD connaît quelques soubresauts depuis quelques années, le marché du manga a atteint un palier apparemment, la production reste importante, les indépendants peinent à être visibles et en souffrent… La bonne nouvelle, comme dit plus haut, c’est que cela ne ralentit pas la créativité et c’est tant mieux !

S : Alors pour garder ma place dans la série, je suis obligé de te poser des questions sur Worcruft… as-tu vu la série ?

SN : Oui, à l’instant !

S : Tu viens d’échapper de justesse à une nuit d’amour avec Kirkfang.

SN : Non, pas Kirkfang !

S : Mais si tu insistes, je peux te filer son numéro de téléphone.

Worcruft se base sur l’univers des jeux vidéo massivement online, mais pas seulement, y’a-t-il des références ludo-culturelles dans lesquelles tu te reconnais ? Jeux de rôle, jeux de sociétés, jeux vidéo…

SN : Ben déjà y’a des noms que je reconnais dans les crédits, qui me rappellent ma folle jeunesse à Aix. C’est chouette de voir que quelques personnes sont restées en contact.

Pour répondre à la question, j’aime bien l’univers des fan-films, des séries parodiques. J’en ai même été le temps d’une ou deux scènes d’ailleurs dans Resident Débile, parodie tournée y’a, pfff, dix ans au moins, à Marseille. J’ai fait un tout petit peu du jeu de rôle, je joue aux jeux de société l’été avec quelques amis et proches, on picole en se traquant au Trivial ou en rigolant autour du Pictionnary. En revanche j’ai eu ma période RPG et MMO, j’ai même bossé dans une boite qui en faisait. Il y a d’excellentes idées dans Worcruft, des gags qui s’adressent aux initiés tout autant qu’aux utilisateurs basiques d’ordinateur. Je n’ai honnêtement pas tout capté, mais il y a une bonne humeur communicative et les comédiens sont assez bons.

S : Les références sont aussi cinématographiques, parle-nous de ton approche de 7ème art.

SN : J’ai très longtemps été un très gros cinéphile au point d’avoir fait mon mémoire de maîtrise sur la propagande dans le cinéma américain. Mais aujourd’hui je n’ai guère de temps pour voir un film de deux heures, je me rabats sur les séries US que je regarde en VO, mon séjour en Angleterre m’aura permis de perfectionner sensiblement mon anglais.

Je suis très admiratif de la destinée actuelle de Worcruft. Je veux dire, c’est toujours super chouette quand une bande de copains de tous les âges se retrouvent pour réaliser une série parodique et que cette œuvre ait une vie qui se limite pas aux copains et à la famille (qui restent essentiels, entendons nous bien). Comme le monde est petit, je trouve ça marrant et drôle qu’il soit proposé sur la chaîne de Kazé, entendu que son fondateur est un type incroyable (ndlr : Cédric Littardi), grand adepte du GN justement, que je connais depuis des années et pour qui j’ai beaucoup d’estime. Le monde est petit…

S : Si tu vivais dans l’univers de Worcruft tu te sentirais plutôt joueurs, ou de l’autre côté du miroir avec les créatures qui peuplent ce monde parallèle imaginaire ?

SN : Je préfèrerai être dans le monde imaginaire et y foutre le bordel car bien évidemment je n’en connaîtrai pas les usages, les modes de communication, les pouvoirs et les manières de combattre. Mais je suis confiant, je pense pouvoir tenir environ 5 minutes avant de me faire bouffer par un dragon parce que malencontreusement je lui aurai planté un pieu dans l’œil. Faut juste espérer qu’il y a la possibilité d’avoir des vies infinies, sinon je serai déjà mort qu’on aura même pas remarqué ma présence.

S : Concernant les vies infinies, tu auras peut-être ta réponse en saison 2 ! Et de quel personnage te sens-tu le plus proche ?

SN : J’avoue que le personnage qui me parle le plus c’est Serge. C’est le seul qui est là par accident, c’est l’aîné qu’on traite de facho au début mais qui finit par déployer des ressources inattendues et à faire preuve de malice. J’aime beaucoup l’idée de casser les présupposés sur la fracture familiale, Papa étant incapable soit disant de comprendre et d’apprécier les loisirs de son fils. Je me fais pas trop d’illusions mais j’espère ainsi ne pas être largué quand mon propre fils me demandera de l’amener à un GN ou à un Cosplay et qu’il faudra trimballer son costume.

S : J’ai été ravi d’avoir ce petit échange avec toi. Pour le mot de la fin, je me souviens de ta joie lorsque tu as été accueilli sur lemonde.fr, as-tu une info croustillante sur l’avenir du Comptoir de la BD ?

SN : Plus qu’une info, un vœu : avoir la possibilité de continuer encore un bon moment ce blog car je m’éclate à le faire. Il m’a permis de faire de riches rencontres, de m’ouvrir l’esprit considérablement et de participer à des évènements dont je rêvais, enfant, comme le festival d’Angoulême. J’ai toujours voulu y aller comme « invité » ou avec un badge « presse », non comme simple visiteur. Et je l’ai réussi jusqu’à présent ! Pour les évolutions, il n’est pas impossible que je développe un petit frère au Comptoir sur un autre site, mais pour l’heure je suis dans la réflexion.

Un grand merci pour cette bien sympathique sollicitation, mais vraiment, fais quelque chose pour ton haleine et mets un peu le chauffage !

Le Comptoir de la BD by Sébastien Naeco

SilentMum

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